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Suite à l’Intoxication alimentaire à Hô Chi Minh-Ville | la méfiance envers les Banh Mi s’installe

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Après l’intoxication alimentaire qui a touché plus de 300 personnes à Hô Chi Minh-Ville après avoir consommé du bánh mì Coc dans deux établissements de la même marque, la confiance des consommateurs est sérieusement ébranlée. Depuis cet incident, beaucoup hésitent désormais à acheter du bánh mì, redoutant la présence d’ingrédients « flottants » ou d’origine douteuse.

La peur s’installe chez les consommateurs

Mme Vu Van Vy, résidente du quartier de Tan Son Nhat, raconte qu’elle consommait du bánh mì tous les 3 ou 4 jours. Mais depuis l’affaire, elle a réduit drastiquement sa consommation.

« Depuis une semaine, je n’ose plus en acheter. J’ai peur que les ingrédients ne soient pas hygiéniques », explique-t-elle.

Elle souligne la difficulté à connaître la provenance réelle des aliments contenus dans un bánh mì vietnamien : porc, pâté, beurre, viande effilochée… lorsque le vendeur ne fournit aucune garantie.

Même constat pour M. Tran Cong Minh, qui a récemment demandé à un vendeur la provenance de son pâté et de son beurre. La réponse – « livré par une connaissance » – ne l’a pas rassuré :

« Si le vendeur lui-même ne connaît pas la qualité du foie ou du porc utilisé pour faire le pâté, qui oserait le manger ? »

Pour certaines familles, la prudence est désormais la règle.

M. Le Phong, du quartier de Tam Binh, explique qu’il privilégie désormais les grandes enseignes :

« Les prix sont plus élevés, mais au moins je suis rassuré sur l’hygiène. »

Les vendeurs observent une baisse des ventes

Cette perte de confiance se ressent directement sur les stands de bánh mì.

Mme Mai Hanh, propriétaire d’une sandwicherie rue Cach Mang Thang Tam, affirme que ses ventes ont chuté de 15 à 20 % depuis l’incident. Elle est passée de 120–130 bánh mì par jour à un peu moins d’une centaine.

Même baisse constatée chez Mme Sau Lan, rue Hoang Sa : de plus de 200 bánh mì par jour, elle n’en vend plus que 160–170.

Les clients, plus méfiants, demandent désormais systématiquement l’origine des charcuteries, jambons ou rôtis utilisés. Certains refusent même les garnitures à base de pâté ou de beurre.

Face à cette situation, de nombreux vendeurs cherchent à s’approvisionner auprès de fournisseurs garantissant une traçabilité complète et des produits emballés et étiquetés.

Des infractions graves relevées chez Banh Mi Coc

Le Département de la sécurité alimentaire de Hô Chi Minh-Ville a mené une inspection approfondie de l’établissement Banh Mi Coc, à l’origine de l’intoxication massive.

Plusieurs manquements majeurs ont été relevés :

  • exploitation d’une succursale non déclarée,
  • absence de documents prouvant l’origine des matières premières,
  • transformation d’ingrédients hors du lieu déclaré,
  • production artisanale de beurre à partir d’œufs, d’huile et de citron,
  • cornichons préparés le jour même dans des conditions non vérifiées.

Chaque jour, l’établissement achetait 50 à 60 kg de blanc de poulet auprès d’un fournisseur informel, avant de les transformer sur place. Le pâté et les saucisses provenaient de différents petits fournisseurs, souvent sans traçabilité claire.

À ce jour, 316 personnes ont été hospitalisées après avoir consommé ces produits.

252 ont déjà pu quitter l’hôpital, tandis que 64 restent en traitement.

Renforcement des contrôles de sécurité alimentaire

Le Département de la sécurité alimentaire a annoncé une intensification des inspections surprises et un renforcement de la sensibilisation à l’hygiène alimentaire auprès des responsables locaux.

Les autorités rappellent que les ingrédients couramment utilisés dans le bánh mì – pâté, charcuterie, beurre, cornichons – peuvent représenter un risque important s’ils ne sont pas correctement conservés.

En cas de doutes ou de signalements, les services compétents mèneront des enquêtes et appliqueront des sanctions conformément à la réglementation.

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